Publié 25/11/2014
Suite à l’enquête de CIWF à l’abattoir de la Quarantaine révélant des pratiques insoutenables et la remise de sa pétition de plus de 136 000 signatures demandant sa fermeture par le député français Alain Marsaud, les autorités libanaises ont décidé de fermer l'abattoir de Beyrouth jusqu'à nouvel ordre. CIWF salue cette décision mais s’inquiète des suites qui seront réellement données à ce scandale.
Dans le cadre de sa campagne contre l'exportation d'animaux vivants hors Europe, CIWF a révélé fin 2013 les conditions déplorables de l’abattage (attention images difficiles) à la Quarantaine, le plus grand abattoir de Beyrouth. Ces images montrent des scènes d'abattage choquantes, en violation des normes internationales de l'OIE. Ces animaux sont soumis à de terribles souffrances à l'instant le plus vulnérable de leur vie, juste avant leur mort.
Lors de la remise de la pétition, le Ministre de l’agriculture libanais, Akram Chehayed, s’était engagé à visiter l'abattoir de la Quarantaine, ce qu’il a fait en octobre dernier, le jugeant dans un état « catastrophique ».
Des crises sanitaires à répétition à Beyrouth
Depuis des années, plusieurs scandales alimentaires mettent en cause cet abattoir. Plus de mille cas d'intoxication alimentaire ont été dénombrés au cours des derniers six mois dans le pays, sans pour autant aboutir à la fermeture du lieu.
Le Ministre de la santé libanais a annoncé ces dernières semaines que plusieurs grands restaurants et supermarchés du pays vendraient de la viande contaminée. Cette affaire a mis en lumière les liens entre les terribles conditions d’abattage des animaux et les problématiques de sécurité sanitaire.
Aujourd’hui, CIWF se réjouit de la décision des autorités libanaises de fermer temporairement cet abattoir, en attendant que celui-ci soit rénové, reconstruit ou définitivement fermé.
Aurélia Greff, responsable des campagnes pour CIWF, souligne que « grâce à la mobilisation citoyenne et notre pression, pour la première fois, des mesures fortes ont été prises par le Gouvernement libanais. Nous allons continuer à travailler en étroite collaboration avec les responsables libanais pour nous assurer que des changements réels pour les animaux soient menés. »
Pourquoi la France est-elle concernée ?
La France est le deuxième exportateur d’animaux vivants vers le Liban. Les derniers chiffres pour les huit premiers mois de l’année 2014 font état de plus de 35 000 animaux (9 989 bovins et 25 349 ovins), soit près du chiffre total pour toute l’année 2013.
En tant que partenaire économique important, la France est en mesure de faire évoluer la situation et d’exiger, a minima, le respect des standards de l’OIE auprès des autorités libanaises. Le ministre de l’agriculture français Stéphane Le Foll recevait le 23 octobre dernier à Paris son homologue libanais, et CIWF l'avait sollicité afin que le dossier de l'abattoir de la Quarantaine soit abordé.
Pour plus d'information sur la campagne Transport des animaux vivants
25 novembre 2014 - Fermeture abattoir de Beyrouth: